Une des fears de ma life
Il y a des expériences qui marquent une vie et celle que j’ai vécu il y a quelques temps en fait partie. Plus jeune, il me semblait faire partie de ces personnes qui n’avaient pas spécialement peur de la mort. Si je devais mourir et bien cela aurait été la vie (ou la mort pour le coup) mais plus j’avançais dans la vie, plus la découverte de nouvelles choses faisait que je ne devais pas mourir avant d’avoir réalisé certaines choses. Cette non-peur de la mort n’était qu’illusion au final.
Perfectionniste, je vous avoue que terminer ma vie alors que je n’ai pas pu faire le maximum de ce que j’aurais voulu faire dans ma vie m’aurait bien gavé outre-tombe.
Pourtant, je suis du genre Carpe Diem, je ne prévois pas de grandes choses si ce n’est éventuellement des voyages dans les mois qui viennent, j’ai toujours aimé être porté par la vie. La vie est assez courte pour que j’en vienne à me dire qu’il faut que j’en profite un maximum. Bien sûr, il y a des regrets, des choses que j’aurais voulu faire différemment, j’aurais voulu être différent à des moments T de ma vie mais cela fait partie des choses d’une vie alors les regrets, c’est souvent pour plus tard. Surtout que je suis du genre optimiste alors le broyage de noir, très peu pour moi.
Toujours est-il, donc, qu’il y a quelques temps, j’effectuais, comme depuis quelques années un voyage de presse, parmi tant d’autres, pour le compte d’une marque. C’était à Salzburg en Autriche, ville de Mozart. Ce que je n’avais pas prévu, c’était la façon d’y aller. Comme vous vous en doutez, c’était en avion.
L’avion, j’ai toujours trouvé ça super bien, c’est rapide, ça vole, je n’ai pas le mal de mer, il y a à boire et puis c’est le seul vrai moment où je joue avec mes jeux sur consoles portables. En l’occurence, c’était l’iPad pour le coup :P
Bref, comme à mon habitude, je ne fais pas attention au planning de vol, je ne retiens que l’heure du RDV et je me laisse ensuite un peu porté. C’est donc à l’aéroport que j’apprends qu’il n’y a pas de vol direct pour Salzburg et qu’il va falloir prendre une correspondance à Franckfort.
Je n’aime pas les correspondances, souvent parce que c’est aléatoire et les compagnies font en sorte qu’on ait que 45 minutes pour changer d’avion. Et forcément, l’aéroport de Franckfort fait juste partie des trois plus grands aéroports d’Europe alors v’là la correspondance.
Vous vous en doutez, le vol Paris-Fanckfort a pris du retard et même si on était enregistré sur le vol Franckfort-Salzburg, ces bâtards de Tyrolean Airlines (Oui, j’en ris encore) n’ont pas pu attendre 15 petites minutes, du coup, c’est sur le prochain vol qu’on a été rerouté et bingo, les 45 minutes pour la liaison se sont transformés en 4h d’attente…
Inutile de vous dire que le glandage dans un aéroport, ce n’est pas ce qu’il y a de plus génial, surtout quant on a rien à faire. Il y avait bien le WiFi (payant) mais t’es jamais vraiment à l’aise, faut faire attention à ses affaires, à sa façon d’être parce qu’on reste en société, Bref, j’aime pas !
Les 4h passent quand même, lentement mais sûrement, et pour le fun on s’amuse à faire tout l’aéroport en bus parce que la porte d’embarquement a eu la bonne idée d’être à l’opposée de l’avion. On s’est même fait engueuler à la porte d’embarquement parce qu’on aurait dû être en avance et non à l’heure … Oui, la précision germanique.

C’est donc là que je découvre que mon vol chez Tyrolean Airlines (Ah ah ah) se fera dans un avion à hélice. Rien de bien méchant, ce n’était pas la première fois mais comme par hasard, c’était la période des orages et c’est là que je me suis senti bien moins rassuré et limite pessimiste. Avion à hélice, orages, Tyrolean Airlines, mon imagination, hmmm, tout ce qu’il faut pour que les films à la Agatha Christie me montent à la tête.
J’étais un peu crispé à l’idée de prendre l’avion alors que l’orage se faisait de plus en plus fort mais bon, quand il faut y aller, il faut y aller. Au final, plus de peur que de mal puisque le décollage s’est passé sans trop d’accrocs, surtout qu’une fois les nuages passés, tout était redevenu plus calme.
Rassuré, je me suis remis à mon iPad et v’là que j’enchaînais les scans que j’avais en retard et des parties de Fieldrunner pour passer le temps parce que mine de rien, 1h15 de vol, ce n’est pas si long. Du classique en soi. Commença alors la descente vers Salzburg et le retour de la pluie. Elle était plutôt fine au début avant de devenir l’orage qu’on avait quitté une petite heure avant. Et c’est là que les angoisses sont revenues mais je ne comptais pas me laisser envahir par la peur, les écouteurs dans les oreilles, la musique à fond, je me laissais porter par les turbulences qui n’y sont pas allés de mains mortes sur un petit coucou à hélice.
Toujours crispé mais déterminé à ne pas subir, je m’efforçais de penser à autre chose jusqu’au moment où …
… L’avion a décroché, visiblement sur quelques mètres de hauteur, je ne sais pas combien mais j’ai décollé de mon siège et ma tête a tapé les coffres à bagages. Après une seconde dans les airs, je suis revenu sur mon siège, comme tous les autres passagers.
S’ensuit alors un moment mélangeant silence et sourires nerveux. Je peux vous assurer que je n’en menais pas large, avoir cette sensation de na pouvoir faire grand chose et juste subir est carrément désagréable. Et plus le temps passait, plus je repensais à ce décrochage mais avec une vision empirée du genre “Et si … et si …”. Bref, rien de rassurant, je regardais les hôtesses à moitié rassuré mais elles avaient l’habitude, non pas des décrochages mais de ne pas laisser transparaître leurs peurs, ce qui me rassurait encore moins.
J’avais beau me dire que c’était normal, ça ne l’était pas pour moi, les 15 dernières minutes ont dues être les plus longues de ma vie. Les gens riaient jaunes et pratiquement tous ont essayé de revenir à une activité normale mais je sentais que le coeur n’y était plus. Que se passerait-il s’il y avait un autre décrochage ? Et si la foudre nous tombait dessus ? On essait de penser à autre chose mais ce n’est pas possible ! Je sais qu’il y a pire mais là, j’ai eu peur.
Je ne sais pas pour les autres mais je suis resté très calme en essayant de rationaliser à mort. Et finalement, on a atteri et c’était comme un poids de 5 tonnes qu’on venait d’enlever de ma poitrine. Je ne savais plus si c’était la faute de la pluie, de l’avion à hélice ou de Tyrolean Airlines mais j’étais heureux d’avoir posé pied à terre. Le truc drôle, c’est que je savais que j’allais reprendre le même type d’avion le lendemain … Tout pour me rassurer quoi.
Un jour dont je me souviendrai toute ma vie. Le lendemain, coup de chance, et malgré mes appréhensions, il a fait beau et je n’ai eu aucun soucis, c’était donc la combinaison de la pluie et de l’orage sur un avion à hélice qui m’a donné cette expérience dont je me serais bien passé.
Depuis, j’ai repris l’avion et j’ai vite récupéré en fait, mais je pense que j’y penserai encore et encore, surtout à chaque fois que je prendrai l’avion.

c’est pas les gens qui rient jaune c’est toi! (hmm blague douteuse, reprise de mon serieux) T’avais pas mis t’as ceinture? ça me rappelle cette légende aérienne du mec qui n’a pas mis sa ceinture et qu’on a retrouvé la tête encastré dans le compartiment bagage.
Si si, la ceinture était bouclée et je n’étais pas le seul … Après, c’était Tyrolean Airlines alors l’un dans l’autre :P
La foudre en avion, j’ai testé, ça vaut même pas 4 étoiles sur le comparatif de trouillomètres des Numériques.
Le Dash-8, j’ai jamais testé, mais les pilotes de la Sécurité civile en voulaient pas, ça rassure moyen, pas vrai ? ^^
Prochaine étape le crash d’hélico par MS ? :p poke Monsieur Lâm
Ouah.. j’ai vecu presque la meme chose lors de mon voyage Paris Tokyo en Mai avec 8H d attentre au lieu de 5 à Shanghai (heureusement, Wifi gratuit) et un trajet aller comme retour plein de turbulences avec une belle traversée d’un cumulo-nimbus bien chargé juste lors de notre approche vers Charles de Gaulle…le choc quand on est rentré dedans…gros flip, grosse peur… je compatis tout à fait…
je comprends pas, tu avais ta ceinture et tu as quand même heurté le coffre à bagages?
Ça me fait penser à un vol que j’ai fait seul pour rentrer du sud un été, gros orages et trous d’air (l’avion ne décroche pas comme ça ;) on avait bien eu la consigne de mettre nos ceintures, un mec a ma droite se la racontait “vous inquiétez pas, si on se crash ma ceinture servira a rien”. Soudain, gros trou d’air, je sens mon estomac dans ma gorge et ma ceinture bien me retenir au niveau du ventre, le mec a ma droite s’envole, percute le coffre à bagages et finit dans l’allée centrale… Je pense qu’il a comprit la leçon.
Mais en tous cas c’est jamais rassurant, surtout quand on aime pas les manèges comme moi :)
Les trous d’air n’existent pas hein, l’air est omniprésent. ;) Et un avion ne décroche pas comme ça, il ne décroche que s’il n’a plus de portance, enfin j’ai compris ce que tu voulais dire, je vais pas faire mon relou. :p
C’est simplement que dans les nuages la portance de l’avion n’est pas la même ce qui entraine un effet de “chute”.
Bref, ça m’ait déjà arrivé, entre Paris et Hong Kong, en pleine nuit, t’as l’impression que tu te rapproches du sol à vitesse grand V et que tu va t’écraser, j’étais plaqué contre mon siège et comme toi j’essayais de me dire que ce n’étais juste qu’une petite turbulence passagère…J’ai dû bouffer 2/3 films pour faire passer le temps. xD
Et bien moi , j ai eue la même expérience , mais avec le vent , a l atterrissage pendant 15 minutes aussi , maintenant a chaque fois qu’il y a du vent en avion je flippe ma race ;)
Eh oui, ces choses là arrivent… En tant que PNC je ne comprendrai d’ailleurs jamais les gens incapables de comprendre le picto lumineux qui demande de garder sa ceinture attachée… Le nombre de fois où j’ai entendu “ah oui mais moi je veux juste aller aux WC”… Ah bon d’accord, pas de problème on va demander au vieux barbu de mettre en suspens les lois de la physique pour que tu ailles faire pipi !!
Pas plus tard que la semaine dernière sur un 777 de United, turbulence forte non prévue. Bilan : 17 blessées graves et déroutement en urgence. Moralité, la ceinture en avion c’est comme en voiture. Systématique quand on n’a pas à bouger de son siège, et surtout respect des consignes de l’équipage !!
Mais sinon, l’avion c’est cool & safe hein ! ;-)
Thib’